« Vous me fatiguez, vous m'épuisez, vous me déchirez avec vos
Bombes ; Vous me poignardez avec vos missiles; vous faites trop de bruit ; je vous donne à boire ; je vous donne à manger ...et certains trouvent les moyens pour laisser les autres crever de
faim.
je pense, que mon médecin se trompe de malade il me prend
certainement pour Jaques ou Francis pourtant je n’arrête pas de lui rappeler mon nom et mon prénom je m’appelle ben couscous. Je suis brun aux cheveux frisés, je roule le rrr, je n’arrête pas de
lui rappeler mon origine : Foulen ben felten ben chibani ben fat'hiz ben mabrouk ben biben. Né sous un palmier entre deux oliviers à côtédu grand oued harhar, fils de toumana bent aicha el guedra
et de père jilanifils du chikh wa ma adrak. Tous nous sommes originaires de la région sakker-fommek, en français veut dire ferme ta gueule, au nord bouche ta bouche, au sud,de quoi tu te mêles,
et malgré tout ça il ne cesse de me dire que je ne dois rien cacher… franchement ai-je l’air de cacher quelque chose? ...il parait que c'est trés difficile pour un médecin Français de traiter un
malade Français d'origine couscous...
L'ob
sta
clé
Mon médecin m'a dit que «si je continue à me taire, à ne pas m’exprimer, à dire toujours oui, à ne jamais contester quand
j'ai raison, à ne jamais protester pour faire valoir mes droits et ne rien revendiquer... c’est pas bon pour ma santé. Mon visage se déforme, mes yeux sortent de leurs orbites, mes mains
tremblent, mon cou se tord, mon dos se courbe, mes épaules tombent, mon cœur se serre...mon visage se flétrit… et et et je risque d'étouffer » et mon médecin ajoute «pour te soulager tu dois
t'exprimer. Parles de tes malheurs commences par ton enfance cherches dans toi même voilà ton remède et tu verras comment ton visage retrouve ses couleurs, tes yeux s'entrouvrent, ton sourire
revient, ton corps se dresse, ton esprit s'épanouit, tu embellis et tu te porteras bien, bref, tu te sentiras mieux ! »
Pourquoi, alors, je me laisse faire?
Avec 53 %
Chez nous rien n'est arbitraire et rien n'est gratuit. Tout est dans l'ordre strictement organisé,
scrupuleusement structuré, exactement précisé ,précisément défini et indéfiniment détaillé..Pour toute chose il faut une autorisation..Nous sommes tellement bien organisés que même pour penser il
faut demander une autorisation. On doit justifier à nos autorisateurs pourquoi on doit penser et surtout pourquoi on a choisi de penser comme on va penser..Une fois nous avons obtenu le permis de
penser mais en silence en attendant de pouvoir obtenir le permis de penser en chuchotant..Oh comme c'est réconfortant d'avoir l'impression de penser ça donne l'illusion d'être libre et quand on
réussit c'est comme si on obtenait l'impossible ..bien évidement ceux qui pensaient tout haut risquaient de déranger ceux qui pensaient tout bas et surtout ceux qui ne pensaient pas du tout ou
même qui refusaient de penser.. Et c'est normal ... une fois on a accordé à ceux qui pensaient tout bas la permission de penser tout haut..Alors C'était le chaos..Le silence était devenu bruyant
et la pensée dans le silence était devenue dangereuse..Le silence s'est propagée..Chacun gardait son silence pour soi et chacun avait compris ce que le silence de l'autre signifie comme message.
Tout le monde devenait informé du secret de ce silence lourd et pesant...on parlait en silence on s'insultait en silence on se bousculait en silence on se braquait en silence...on procèdait même
à des règlements de compte en silence. .oui il n'y a pas plus dangereux qu'un silence penseur. un bruit courut jusqu'à la police qui a fait une enquête dans le silence et est intervenue pour
imposer dans le silence l'ordre le plus absolu le plus totale , le plus général et ce conformément au formulaire conçu à l'occasion qui stipule le modèle de penser de manière strictement organisé
scrupuleusement structuré exactement précisé et précisément défini et indéfiniment détaillé ,rigoureusement justifié , justement rigoureux et finement fignolé... il a été donc décidé de ne penser
que dans la condition de laisser des traces écrites...depuis l'ordre de penser par écrit a été décrété... mais comment penser par écrit sans passer par le silence ; et pour penser par écrit il
faut des journaux ..et comme nous n'avons pas de papiers comment devons nous échapper à l'autorisation de journal .comment écrire sans laisser une trace écrite .Alors nous avons décidé que
l'écrit ne soit pas forcement dans un texte mais que chacun donne à son visage la forme d'un journal illustré .. Alors des comités de rédaction de la mimique s'est instauré...le corps était le
texte et l'expression en était le style...depuis notre ville était devenu bourrée de journaux de revue et de livres.. elle était devenue le grand carrefour de la pensée qui bouge. les gens
sortaient pour se lire dans les visages et se livrer aux regards.. sur fond de bruit de la ville tout le monde se met à danser la pensée du ventre..cette danse de la pensée du ventre à permis aux
plus doués de rentrer dans le ventre de la pensée...voila une forme de penser avec un propos un discours dont l'autorisateur n'est pas habitué...en effet ce langage étrange reconstitue les
douleurs cachées les espoirs frustrés les paroles étouffés la soif de vivre la faim de découvrir ...et les revendications qu'il a pensé pouvoir interdire et qu'il a cru pouvoir effacer... chaque
corps dans sa singularité était devenu pluriel parce que dans son fond il intègre solidairement l'autre ...chaque corps est devenue plus qu'un meeting ou plus qu'une assemblée générale ..pour
l'augmentation du salaire les fronts sont devenues banderoles pour exiger la liberté de la presse et des medias les regards sont devenus affiches pour une santé meilleure et pour tous les gestes
sont devenus slogans .contre l'augmentation du loyer les accolades remplacent l'approbation les clins d'œil remplacent les signatures des façons de marcher remplacent les mots d'ordre...avec le
corps et sans paroles les pensées manifestent et défient l'état de siège...mieux encore avec le corps le rire prend sa place et devient chef d'orchestre..
Désolé de ne pas pouvoir me présenter comme
il faut car je viens de découvrir que je ne sais pas qui je suis au juste..En attendant d'en savoir plus excusez mon incapacité..Ce que je sais c'est que je suis né dans la douleur d'une maman
doublement terrorisé par le bruit des bottes des colons et la peur que je sois sa troisième fille et que je risque de ne pas pouvoir répondre à l'attente oppressive de ma grande famille qui
menaçait ma mère d'être exclue si jamais je ne suis pas un garçon..je suis donc né dans le stresse la peur et l'angoisse. En attendant je continue à faire parler ma mère au compte goutte avec
l'espoir d'en tirer plus dans dix ans, que Dieu la garde en bonne santé. Jusqu‘à ce jour je vous prie d'avoir la patience.. puisque mon début était si incertain si ambigu je me demande comment
j'ai pu grandir dans une telle condition c'est peut- être pour répondre à cette question que je me suis trouvé en plein théâtre.je passe d'un personnage à l'autre à la recherche d'une
connaissance plus approfondie de moi même…
Mon cher public
grâce à toi je respire et sans toi j’étouffe

grâce à toi je respire et sans toi j’étouffe
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Chanson Naabbar wella Manaabbarchi
La Culture n'est pas en phase avec les slogans du changement. Extraits de l'emission Nkoul wella mankoulech. Radio Jeunes. Aout 2007
La liberté d'expression ne suffit pas- 2eme-Extrait-émission Nkoul wella mankoulech. Radio Jeunes. Aout 2007
Pour un theatre pour tous.mp3- 3eme-extrait émission Nkoul wella mankoulech. Radio Jeunes. Aout 2007
Les directeurs des festivals qui ont échoué doivent , en principe, démissionner-
Extrait – émission- Radio Mosaïque-FM - 20oct-2007
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