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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 13:37
Interview publié dans Réalités du 5 au 11 - 6 - 2008

Raouf Ben Yaghlane : «Il ne suffit pas d’être libre, il faut être libéré»

Raouf Ben Yaglane, ce comique engagé qui a choisi le rire comme moyen d’expression pour mettre le doigt sur les maux de cette société d’en bas qui souffre dans le silence et ne trouve pas d’écoute. Lui, il a voulu être sa voix et partager ses douleurs, sans que personne ne l’en charge. Sur scène, il se déchaîne, s’agite et se donne entièrement à cette cause qu’il défend de tout son être. Il s’exprime librement, ne mâche pas ses mots et n’hésite pas à dénoncer les contradictions sociales, la corruption, les abus de pouvoir et la bureaucratie. Il ose parler des tabous, évoquer le non-dit et extérioriser nos réflexions les plus intimes et leur donner vie. C’est que l’homme n’a pas peur de dire la vérité et d’appeler un chat un chat. Car au fond de lui, il est convaincu qu’on ne peut dépasser nos malaises qu’on en parlant. Toutefois, sa liberté de ton, il l’a payée cher. Sa dernière pièce «Inaabar Wala Manaabarchi» (Je m’exprime, ou je ne m’exprime pas ?) a été durement sanctionnée par les principaux festivals tunisiens. Une pièce qui frappe par son audace, la pertinence des sujets qu’elle traite et la qualité du jeu de l’acteur. Le public, venu nombreux malgré le manque de publicité, lors de la dernière représentation le 28 mai au Théâtre Municipal, a su bien apprécier à sa juste valeur chaque mot, chaque réplique, dite par Ben Yaghlane. C’est qu’on s’identifie fortement dans ce qu’il exprime et représente. Ainsi, une complicité intense se crée entre l’artiste et son public. En témoignent ces bousculades à la fin du spectacle, pour le féliciter, le saluer, l’embrasser… le remercier. Boudé par l’administration, c’est de l’amour des gens qu’il se nourrit et pour eux, il continue le combat !

Bien qu’elle ait été longtemps sanctionnée par les festivals, votre pièce «Inaabar Wala Manaabarchi» est passée dernièrement au Théâtre Municipal, au profit de l'Association des villages d'enfants S O S. Comment est venue cette initiative de la représenter ?
C’est suite au succès de mon dernier spectacle du 1er mars dernier. L’Association est venue me demander de faire un spectacle à leur profit. Il faut dire que ce sont les dernières représentations de cette pièce.

Votre pièce reste encore boudée par les directeurs des festivals ; pourquoi, selon vous, tout cet acharnement ?

C’est une attitude qui m’a fait de la peine. Parfois, je sens de la frustration dans le comportement des institutionnels. Mais c’est le public qui a finalement sauvé le spectacle. Cette attitude, je l’explique par un refus de l’état d’esprit que je représente. Je ne mâche pas mes mots. Je tiens à dire ce que je pense. J’ai quelque chose à dire sur le monde dans lequel je vis et principalement sur le rapport que nous avons, nous les artistes, avec l’Administration qui gère nos affaires culturelles. J’ai une vision critique sur cela. Je considère que nous méritons mieux que ce qui existe. C’est vrai qu’il y a des lois et des décisions favorables au développement de la culture en Tunisie, mais le problème reste dans la pratique qui ne suit pas. Il y a beaucoup de faiblesses dans ce sens. J’ai voulu en signaler quelques-unes, dans mon spectacle, en tant qu’artiste citoyen. L’administration qui doit normalement promouvoir un esprit critique dans la culture, est la première à étouffer cet esprit. Pour cela, j’aimerais que le domaine culturel puisse bénéficier d’un peu de la liberté d’expression qui existe actuellement dans le domaine sportif. Je considère qu’il y a des acquis, qu’il faut les maintenir et les améliorer. Il faut surtout associer les artistes à la décision, à la mise en application des mesures qui concernent la culture.

Pensez-vous que l’artiste se doit d’être engagé, sinon il ne peut prétendre faire de l’art?

Je ne pense pas qu’on peut être artiste sans avoir un esprit éveillé à ce qui se passe autour de soi. Etre artiste, finalement, c’est s’intéresser à tout ce qui l’entoure. L’artiste n’attend pas qu’on lui donne l’autorisation de parler ou de s’exprimer sur les problèmes de sa société. Je m’engage, en tant que homme de l’art, à prendre place dans tout ce qui se passe dans mon pays.


Pourquoi avoir choisi le rire comme langage artistique pour exprimer votre vision et communiquer avec le public ?

Le rire ce n’est pas seulement pour moi un outil d’expression, mais une manière d’être. C’est une façon de voir le monde. Il consiste à évoquer, d’une manière pacifique, les choses amères de la vie et d’indiquer les faiblesses qu’on retrouve dans les rapports sociaux et humains. Je présente cela avec beaucoup de tendresse et d’amour. Je suis quelqu’un qui souffre des maux des autres. Je suis, d’ailleurs, adepte de cette expression de chez nous «kother el ham edahhak» (Trop de malheur fait rire) que j’utilise dans mon travail, dans mon choix des sujets que je traite et des personnages que j’incarne. Le rire est dans ma façon d’aborder les choses et de les décrire. Car il a cette audace de dénoncer les choses. Malheureusement, dans notre société, on accepte mal la critique parce qu’il y a une culture dominante qui refuse de se mettre en cause.

Vous vous êtes toujours défini en tant que celui qui est à l’écoute des gens seuls et qui parlent de leur souffrance.
Pourquoi avez-vous choisi ce rôle ?

J’ai choisi de laisser exprimer à travers mon corps, mon énergie, ma voix, mes regards, la souffrance de ceux qui sont isolés, marginalisés, parfois exclus ou auto-exclus. Je veux leur donner la parole. Car paradoxalement, plus les moyens de communication se multiplient, moins les gens communiquent entre eux. Je veux parler de ces personnes et parler avec eux. Je suis habité par leurs maux. Je ne vois pas de sens à ma présence sur scène si je n’évoque pas leurs préoccupations. Je suis sensible à leur vécu difficile, à leurs problèmes, à leurs misères et je ne peux pas faire autrement que d’évoquer tout cela.

Pensez-vous êtes seul à mener ce combat?

Je ne pense pas. Il y a certainement d‘autres artistes qui le font, mais moi je le vis à ma façon. J’ai ce souci fort d’aller creuser dans le vécu des gens, ces anonymes qu’on côtoie tous les jours et que, à force de les voir, on finit par oublier. Ce qui m’intéresse, en fait, ce n’est pas seulement le vécu des Tunisiens mais la condition humaine en général. Il y a des gens riches qui sont en difficulté. Je suis proche d’eux aussi. Je suis convaincu que chacun de nous a quelque chose de bon en lui. Il faut aller le chercher. D’où mon souci de faire dégager du spectateur un rire simple qui sort de sa profondeur humaine. Dis-moi de quoi tu ris, je te dirais qui tu es. C’est ma recette. Et je ne cherche pas à plaire à tout le monde.

Quelle relation avez-vous avec votre public ?

Il y a un rapport extraordinaire entre moi et le public. J’ai l’impression que les gens viennent parce qu’ils savent que Raouf Ben Yaghlane a quelque chose à dire. Il suffit de voir les commentaires sur mon blog. Il y a des personnes qui m’envoient des messages de remerciements car j’ai su exprimer ce qu’elles voulaient dire.

Pourquoi avez-vous créé un blog ?
Le blog représente pour moi un endroit de défoulement, une bouffée d’air frais. Je l’ai créé dans un moment difficile de ma vie où je me sentais boudé par les médias. Ca m’a permis de m’exprimer. Il m’a permis aussi d’avoir un contact avec mon public, de connaître ses appréciations sur mes spectacles et de recevoir ses critiques. Grâce à mon blog, je peux connaître les gens, les écouter évoquer leurs problèmes et discuter avec eux.

Vous considérez-vous comme leur porte-parole ?

Non, je refuse d’être le porte-parole des gens. Je veux parler d’eux et avec eux. Personne ne m’a désigné pour évoquer leurs problèmes. Je me suis chargé tout seul de cette tâche. Mais en même temps, je ne veux pas parler au nom des autres, je veux parler uniquement en mon nom. Toutefois, j’ai cette capacité d’être pluriel dans mes réflexions, mes sentiments et mes douleurs. Et donc je peux creuser dans les profondeurs des gens, même s’ils essaient de cacher leurs souffrances. En fait, mon mal n’est pas personnel, il est collectif.

Si vous n’aviez pas été artiste, vous auriez fait quoi comme métier ?

Peut-être j’aurais été avocat pour défendre les gens. Mais je trouve que dans le métier de l’artiste, il y a plus de sincérité et de spontanéité. Il y a aussi beaucoup d’émotion. Je ne suis pas un diplomate. Je ne sais pas cacher mes sentiments. Il m’arrive parfois de commettre des erreurs dans ma façon de parler car je dis ce que je pense. Et mes amis me disent souvent qu’il faut se retenir et qu’il faut garder ses distances mais je n’arrive pas à le faire. Je suis trop spontané. Et c’est souvent mal vu par la société qui impose des masques. L’artiste, pour moi, c’est une façon d’être, une conception du monde. C’est aussi un acte libérateur.

On ne dit pas que vous êtes fou parfois ?

Je me fous de ce qu’on peut dire de moi.

Entre vos trois pièces : «Mathalen», «Ech iqouloulou» et «Inaabar wala manaabarchi», y a-t-il un fil conducteur ?

Oui. Le fil conducteur c’est l’audace, le rire et la critique. C’est aussi la liberté de l’expression. Dans «Mathalen», j’ai osé parler du rapport à la femme. C’est une mise au point par rapport à la situation de l’être féminin dans notre société. Juridiquement, la femme dispose de beaucoup de libertés et de droits, mais dans la pratique et au sein de la société, il y a un grand décalage. Dans «Ech Iqouloulou», j’ai abordé la question de la liberté sexuelle. J’ai voulu participer par mon travail d’artiste, ayant la popularité que j’ai, pour prémunir notre jeunesse contre les maladies sexuellement transmissibles. Car je considère que la santé et la culture sont indissociables. J’ai voulu aborder le sujet avec beaucoup de courage et Dieu sait ce que j’ai subi comme attaques pour cela. Et dans «Inaabar Wala Manaabarchi», j’ai évoqué la liberté d’expression.

Vous parlez beaucoup de la liberté d’expression, ça représente quoi pour vous finalement ?

Elle est d’abord une question culturelle, elle devient par la suite une question politique lorsqu’elle est en difficulté. Pour moi, la liberté d’expression est un problème qui remonte à l’enfance, à l’éducation au sein de la famille. On ne peut pas éduquer nos propres enfants à pratiquer la liberté d’expression quand on ne l’a pas expérimentée soi-même. Il faut multiplier les espaces de dialogue. Il faut que ce dialogue soit fondé sur le droit et le respect de l’autre et la promotion de l’esprit critique. Moi, je propose d’organiser au sein des écoles des ateliers de critique et d’autocritique. Il faut apprendre à nos enfants ce que c’est que de s’exprimer. Je considère cependant qu’avant d’évoquer la liberté d’expression, il faut parler de la liberté de penser. Il faut apprendre d’abord à penser librement. Il ne suffit pas d’être libre, il faut être libéré.

Mais considérez-vous que vous bénéficiez de la liberté d’expression ?

Oui, mais ça ne suffit pas. Quand on me donne la parole librement à la radio ou à la télévision pour m’exprimer, il faut que je sois protégé. C'est-à-dire qu’il faut me défendre des gens ciblés par mes critiques pour qu’ils n’abusent pas de leur pouvoir, afin de me priver d’être présent dans les festivals et les manifestations culturelles. Car moi, je ne suis pas censé plaire aux directeurs de festivals. Je suis censé plaire uniquement à mon public.

Que peut faire l’artiste, selon vous, pour lutter contre l’obscurantisme qui regagne nos sociétés ?

Il faut que les politiques nous laissent traiter ce sujet. Il ne faut pas qu’ils monopolisent la lutte contre l’obscurantisme. Je pense qu’en Tunisie on n’a pas donné la possibilité aux intellectuels, aux hommes de culture et aux artistes d’agir sur cette question. Laissez-nous entrer par exemple dans les foyers universitaires et parler avec les jeunes. Je ne prétends pas avoir raison, mais l’important c’est d’en parler et de susciter le débat. Dans l’absence de ce dialogue autour de ce sujet, le fondamentalisme ne fait que se renforcer encore davantage. Il faut démystifier la question pour pouvoir l’affronter. Moi je pense que c’est à la culture de poser ces problématiques et d’interpeller les politiques, et non pas le contraire.

Quel regard portez-vous sur la scène culturelle aujourd’hui ?

Le paysage culturel actuel est faible car l’artiste, le comédien, le peintre, l’écrivain n’est pas partie intégrante dans tout ce qui le concerne. Il faut les faire participer dans la prise de décision. Il ne faut pas que l’Administration nous invite uniquement pour nous écouter comme cela s’est passé dernièrement à la Consultation Nationale sur le Théâtre. Ce qui a été dit par les artistes sur leurs difficultés, les institutionnels le connaissaient déjà. Maintenant, nous voudrions qu’ils nous disent à leur tour quels sont leurs problèmes ? Pourquoi ils n’ont rien fait jusque-là pour améliorer la situation du secteur culturel, alors qu’ils connaissaient ses défaillances ?

Et vous, que suggérez-vous pour améliorer la situation du secteur culturel ?

L’artiste ne doit pas attendre qu’on le prenne la main. Il doit lui aussi suggérer des solutions. C’est à nous de réfléchir sur l’amélioration de notre scène culturelle et de notre vécu artistique car on est plus proche des attentes du public que les institutionnels. Je considère qu’il est nécessaire qu’il y ait dans chaque quartier un espace culturel pour que la relation avec la culture change. Je suggère aussi que chaque mois, au moins, dans chaque foyer universitaire ou lycée, il y ait une représentation théâtrale. Il faut que les pièces de théâtre sérieuses et de qualité fassent le tour des régions et aillent dans les institutions éducatives. Et vous verrez s’il n’y pas, après dix ans, un public du théâtre ! Ce n’est pas vrai ce qu’on dit sur l’absence de ce public. On ne peut pas parler d’absence quand le théâtre n’arrive pas aux régions intérieures du pays. Et puis, il faut financer les productions théâtrales et ce n’est pas seulement le rôle de l’Etat mais aussi du secteur privé. Ces entreprises, qui bénéficient d’un climat de paix et de sécurité, doivent assumer leur responsabilité sociale, en matière de promotion de la culture par exemple. Qu’ont-elles fait dans ce sens ? Il faut s’investir dans le domaine culturel car il permettra demain de créer un peuple avisé et équilibré.

Mais parfois les productions culturelles et artistiques subventionnées ne sont pas de qualité ?

Cela est dû à la propagation de la culture de «débrouille-toi». Aujourd’hui, il faut avoir du piston pour pouvoir organiser un spectacle ou se produire dans les festivals. Quand l’artiste est devant cette réalité et sent que la compétence et le travail sérieux ne servent à rien, on ne doit pas s’étonner qu’il adopte la culture de «débrouille-toi». Selon moi, l’artiste ne doit pas être préoccupé par les questions matérielles. La collectivité nationale doit le prémunir contre le besoin. Et quand je parle de collectivité, je veux dire les entreprises, qui doivent jouer leur rôle dans la société. Et puis, pour moi, ce n’est pas n’importe qui qui peut prétendre être un artiste. Car il doit avoir la culture, le savoir et l’expérience nécessaires pour exercer ce métier. Ce n’est pas parce qu’on joue d’un instrument qu’on devient musicien ou parce qu’on joue un rôle dans un film qu’on devient comédien. Le problème, dans notre secteur, c’est qu’on trouve sur le même pied d’égalité celui qui fait bien son métier et l’intrus. Et tu ne peux pas l’éliminer, celui-là ! Car l’unique domaine que n’importe qui peut intégrer est le domaine culturel. Personne ne peut prétendre être médecin ou architecte alors qu’il ne l’est pas. Et les médias sont complices dans tout cela. J’aimerais qu’ils s’intéressent davantage aux vrais talents qui existent sur tout le territoire et dont personne ne parle.

Pensez-vous alors qu’il y a des artistes qui ne méritent pas ce nom ?

Je n’aime pas parler des artistes et de leurs travaux. Je préfère parler de mon travail à moi, de la pratique de mon métier et du rôle de l’acteur ou du metteur en scène. Dans un débat public, je ne suis pas sensé parler de mes confrères.

Mais ça vous est arrivé à Hannibal TV avec Lamine Nehdi ?

Oui et je regrette cela. Je l’ai dit d’ailleurs dans l’émission de Ala Chebbi : «S’il vous plait, arrêtez de nous demander de donner notre avis les uns sur les autres»

Mais pourquoi cette animosité entre les artistes ?

Je crois que c’est parce que notre scène culturelle manque de maturité. Il y a aussi un manque d’humilité de la part des artistes.

Pour finir, êtes-vous en train de préparer quelque chose en ce moment ?

Oui, je prépare une nouvelle pièce qui parle d’un citoyen, las de n’être pas écouté, il envoie une lettre à la Présidence qui lui répond que le Président aimerait le rencontrer. Et pendant qu’il se prépare à cette visite, tous les gens, autour de lui, changent de comportement à son égard. Je prépare aussi une pièce en langue française.
Propos recueillis par Hanène Zbiss

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Published by ben yaglane - dans CULTURE
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commentaires

Jamil 13/12/2009 13:18


Salamaleykom ya Raouf, tu as bien répondu à cette interview pour t'expliquer et faire comprendre (1 mise à jour) "le pourquoi du comment" de l'obstaclé...


Jamil 27/06/2008 20:48

Salam Raouf,
Après avoir lu cette interview j'ai découvert qu'on n'est pas si différent, comme dit un proverbe français "qui se ressemble s'assemble". A travers cet article j'ai reconnu beaucoup de mes traits de caractères, que nous menons le même combat idéologique.

A la fin de :'article tu parle d'une future pièce en langue française, peux-tu m'en dire plus (l'hisoire...) ?Peut-être que je pourrais en parler au service cuturel de mon universié, je cite: "Laissez-nous entrer par exemple dans les foyers universitaires et parler aved les jeunes.", cela va enfin te permettre de t'exprimer devant un auditoire pour susciter un débat à la auteur (attention je ne promet rien).

Mes amitiés & à bientôt inchallah.

L'obstaclé

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