Jeudi 24 juillet 2008
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Après les obstacles que mon spectacle "Ech Ikouloulou" a rencontré et que j’ai eu l’occasion d’en parler dans mes articles précédents dans ce Blog
;(voire le lien http://www.benyaglane.net/article-18604407.html ) me voici, chers amis, affronté de nouveau aux même problèmes, si non pire, à cause de mon spectacle « Naabbar wella ma Naabbarch
» dont j’ai obtenu le visa en 2005 .
Dieu sait ce que je fais pour échapper à la
censure ; car je tiens à rencontrer mon public et à garder toujours le contact avec lui .Oui grâce à lui je respire et sans lui j’étouffe. Suis-je ,alors, censuré ? Officiellement non mais
je me trouve exclu de tous les festivals 2008 sans exception. La censure peut prendre des formes multiples et déguisées pour ne pas se montrer comme
telle. En effet, en
principe , et après les succès répétés que mon spectacle a connus lors des dernières représentations que j’ai données au théâtre de la ville de Tunis (voire l'adresse du lien vidéo
ci-joint)
http://www.benyaglane.net/article-20254734.html je devais pouvoir être programmé dans la majorité des festivals d’été 2008 ; surtout, pour le public des régions où je n'ai pas joué ma pièce
"Naabbar wella ma Naabbarch" et dont certains sont venus jusqu’à Tunis pour me voir la présenter. Eh bien non. Je me trouve exclu de tous les festivals 2008 sans exception. Aucun des 370
festivals en Tunisie ne m'a programmé. Est ce que à ce point tous les directeurs des festivals me détestent. Je ne le pense pas. Est-ce à ce point, partout, le public en Tunisie ne veut pas de
moi? Ont-ils, alors,fait un sondage pour aboutir à une telle conclusion? Ou est ce que à ce point mon spectacle 3Naabbar wella ma Naabbarch" ne plait à personne ? Et mes succès, de Mars-MAI et
juin au Théâtre de Tunis, comme le prouvent les photos ici présentes, sont-ils à ces points virtuels ? Et la presse qui témoigne de ces succès et qui titre "le public en demande encore" est ce de
la fiction? je vous laisse deviner la réponse. Je suis exclu parce que je tiens des propos qui mettent en dérision l'établi, le faux et le semblant. Je suis exclu parce que dans mes déclarations
à la presse et aux médias j’ai, souvent, dénoncé le vide culturel qui règne dans nos régions. Je suis exclu parce que je revendique pour mes collègues, qu’ils puissent, eux aussi et partout en
Tunisie, trouver les moyens de rencontrer leurs publics.Voilà pourquoi,
je ne prétends pas que, parce que j'ai des problèmes que forcément la culture va mal, mais c'est parce que précisément la culture va
mal, que moi, comme des dizaines d’autres, j'ai des problèmes. Je suis convaincu que le paysage culturel, grâce aux lois et les moyens financiers qui sont consacrés à la culture, peut être mille
fois plus riche et mille fois mieux que ce qu’il est maintenant. Alors pourquoi ce n’est pas le cas ? La réponse, pour moi, est évidente.
C’est parce que chez nous La culture n’est pas structurée en fonction
des règles d’organisations propres aux professions culturelles ; et de ce fait elle ne peut pas répondre aux besoins culturels du pays. Parce que aussi les acteurs de la culture, créateurs dans
tous les domaines, ne sont pas associés à l’encadrement professionnel de la culture et de ce fait n’importe qui peut avoir de l’autorité sur la culture. Souvent on voit gérer un festival comme on
voit gérer une superette. Pourquoi ? Parce que les administrateurs culturels n’ont pas, toujours, la totalité du pouvoir sur la culture et de ce fait ils deviennent incompétents dans leur
domaine. La plupart de ces administrateurs n’ont comme soucis majeurs que de se servir de leur fonction pour passer à d’autres fonctions qu’ils concédèrent meilleures ; car, pour nombreux d’entre
eux, c’est une bonne promotion que d’être nommé secrétaire général du RCD ou gouverneur. Cela les assure d’être bien placés auprès du pouvoir et des centres de décision, au lieu que ce
soient eux qui rassurent ce pouvoir qui les nomme de bien exercer leurs mission pour le bien fonctionnement culturel. Alors, Comment peuvent-ils se soucier des besoins culturels des
citoyens si eux ne ressentent pas l'obligation et l’urgence culturelle. Dois-je comprendre que je mérite d'être exclu parce que je me suis donné le droit et le devoir de m'exprimer sur ce qui me
concerne. Désolé ! Mon franc parler dérange les responsables concernés parce que je désigne le mal et surtout parce que je n’utilise pas le "bendir" pour tenir mes propos. Désolé, c’est parce que
j'assume mon choix d'être artiste que je me donne le devoir de critiquer et dénoncer l'incohérence car tout ce qui touche à la culture me concerne. Tout artiste digne de ce nom se doit d'être
concerné par la situation de son collègue. La moralité de l'art rejette l'indifférence.
Il paraît, donc, que mon spectacle ne convient pas à l’actualité. Mais je suis sûr que la censure déguisée et l'exclusion qu'on me fait subir,
n'empêcheront pas le public d'agir; car, La culture ne concerne pas que les artistes. Cher public, Chers amis, la parole est à vous.
Raouf Ben Yaghlane.
Par ben yaglane
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Publié dans : CULTURE
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